Comme si elle le savait !

«La survivante», telle est intitulée l’œuvre autobiographique  sortie en 2018 de  feu Rose Marie Guiraud, célèbre danseuse et chorégraphe ivoirienne, fondatrice de l’École de danse et d’échanges culturels (Edec) et de la mythique troupe «Les Guirivoires» .

«La survivante» ? Estampiller son œuvre sur sa vie et son…œuvre, d’une telle épithète, constitue, de prime abord, tout un discours qui en dit plus que long sur son contenu. A quoi a survécu l’artiste de 76 printemps ? Dans un souci hypothético-déductif, il incombe de (re) définir le substantif « survivante »  que le Larousse explique ainsi : «Qui survit à quelqu’un : L’héritage va au conjoint survivant. Qui est resté en vie après un événement ayant fait des victimes. Qui survit à une époque révolue en restant attaché à ses conceptions».

En 370 pages, Rose Marie Guiraud revient sur des pans de sa vie qui vont, tout-aussi, de pair avec des images éclatées de l’histoire artistique et culturelle de la Côte d’Ivoire de ses 50 dernières années, entre gloires et déboires, faux bonds et rebonds, le tout rythmé par ses pas de danses qui l’ont portée au firmament de la scène des arts vivants contemporains.

De son Ouyably natal (Kouibly) dans l’ouest de la Côte d’Ivoire à la tentaculaire New-York, Washington DC et Memphis (Usa) en passant par Bouaké, Abidjan, Lille, Perpignan et Paris (France), liège en Belgique ou encore le Mali, Rose Marie qui a fait les beaux jours de la danse africaine et contemporaine de par le monde, retrace son parcours.

Des hauts et des bas qui font débat !

Sans faux-fuyants. Ni tabous. Ces tabous qui entourent la vie et le parcours de bien de célébrités, sous nos tropiques notamment, et auxquels n’échappent point depuis ces débuts sous les feux de la rampe en 1973, Rose Marie Guiraud. Avec tout ce que cela compte de préjugés, lieux communs et rumeurs en termes mystiques, physiques, conjugaux, filiaux, financiers, politiques…

En témoigne, à titre d’illustration et justifiant par la même occasion ce qui l’a poussée à faire acte d’autobiographie, ce qu’écrit l’auteure, dans son avant-propos, au sujet de son aspect physique. Qui, des décennies durant, a fait l’objet de maints commentaires des Ivoiriens.

«Pour ne plus être embarrassée par ma condition physique ou par les commentaires des uns et des autres, j’ai préféré écrire l’histoire de ma vie, pour éclairer ce qui peut sembler étrange à ceux qui s’intéressent à moi. Etant une personne publique, j’ai pu imposer ma personnalité et mon corps, au point que certains le trouvent même beau. Mais cela n’a pas empêché des journalistes ivoiriens de me proclamer la plus laide des femmes de Côte d’Ivoire, à la télévision nationale…».

Devoir de mémoire

Bref, une vie pleine et palpitante, faite de hauts et de bas, tout en faisant toujours débat ! Avec, pour  nœud gordien: les nombreux problèmes de santé, telle une valse,  qui ont jonché l’existence de la danseuse, mais aussi, de nombreuses affaires financières et foncières qui ont meublé sa carrière. Il n’empêche, l’artiste, formatrice hors-pair, a toujours su rebondir…

Hélas! Ce lundi 2O mars, la battante n’a pu rebondir de ce mal qui l’a terrassé. Mais, elle restera à jamais pour nous «La survivante» .

Source : Fraternité Matin ( texte légèrement modifié par la rédaction de Blamo’o sans en  altéré le fond )

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