J’ai été victime de violences conjugales : physiques et psychologiques.

Des proches qui m’aiment (ce n’est pas un doute) m’ont dit que je devais me taire quand il m’adressait la parole.
Des jeunes hommes qui ont assisté à une scène dans la rue ont dit qu’ils ne voulaient pas rentrer dedans dans les histoires de couple.
Des policiers qui ont été contactés ont dit que c’est une affaire de couple.

J’ai été victime de violence conjugale et je trouvais ça normal. J’ai un fort caractère, je suis intelligente, souriante, sociable…les hommes n’aiment pas les femmes intelligentes on m’a dit …

La bible et le Coran disent qu’on doit être des femmes soumises.
Forcément chaque coup était naturellement de ma faute. Et quand mon compagnon après sa crise présentait ses excuses, elles étaient sincères … le monde autour de moi le voyait juste comme une « erreur » de sa part, causée par une de mes réactions.
Je n’étais pas une femme bien : une vraie femme africaine. ‘’ Papier de blanc a trop rempli ma tête…’’. Je devais me taire pour ne pas subir de coup. Et puis après tout « le foyer c’est le feu » m’a-t-on dit.

J’ai été victime de violence conjugale, et un matin, devant un film dans lequel une femme mourrait sous les coups de son homme, je me suis souvenue que je ne voulais pas être cette femme-là.
Je suis partie sous un autre prétexte. Me mettant à dos de nombreuses personnes dont des proches, dont mes parents, à qui j’ai dû apprendre qu’être avec un homme n’était pas une fin de soi… du moins au péril de sa vie.

On n’en parle pas de ces histoires, de nos histoires parce qu’on n’a pas envie de s’exposer ou exposer sa vie sur les réseaux sociaux. On n’a pas envie d’exposer sa famille, son (ex) conjoint… on n’a pas envie qu’on nous fasse culpabiliser.
On ne dit pas assez, on n’assume pas assez qu’on a été VICTIME, au fond convaincu que c’est toujours de notre faute : forcément on n’est pas parfaite.

Pourtant, mes imperfections et manquement en tant que compagne ne méritent pas qu’on lève la main sur moi. J’y crois aujourd’hui, et c’est une chose que je ne tolère plus.

Cette relation m’a détruite émotionnellement, j’ai enchaîné avec une personne narcissique que j’ai pris pour mon sauveur. [Ce qu’il ne faut jamais faire]. Ce « Sauveur » plus tard, a utilisé ce sujet que je gardais secret et qui m’affectait contre moi …
Tout cela pour dire que, la violence ne détruit pas que physiquement. Toute l’estime de soi est mise à mal, et si à la base elle n’est pas assez construite, c’est la catastrophe.

Voir cette vidéo ( https://bit.ly/3eAn0B0 ), lire les commentaires d’hommes et de femmes avoir un avis sur comment cette femme devrait ou ne devrait pas être, me sidère.
Je me devais de vous raconter mon histoire, parce que car aujourd’hui je vais bien… sortie de ces cercles vicieux aidée par des professionnels, des amies et aussi mes parents (qui m’ont enfin comprises). J’ai eu beaucoup de chance.

Mais cette dame n’a pas eu cette chance au point de tenter de se suicider.

Témoignage de Amie O. Kouamé  

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