MADAME CÉLINE YOLANDE BIKPO née Koffie est professeur titulaire de géographie à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody. Mariée et mère de quatre enfants, elle a été recrutée en tant qu’enseignant–chercheure après le doctorat en 1998. Elle mène des recherches dans le domaine de la pêche maritime et dans la sécurité alimentaire.

La responsable du laboratoire LIMERSSAT, qui regroupe des chercheurs et des enseignants-chercheurs géographes de différentes institutions, est auteure de six ouvrages et d’une cinquantaine d’articles publiés dans des revues scientifiques. Elle est également rédactrice en chef de la revue scientifique bi-annuelle de Géographie Tropicale et d’Environnement (GEOTROPE). Au-delà des contraintes naturelles liées au fait d’être épouse, mère, et professionnelle, pense-t-elle, la femme-chercheure est soumise aux mêmes types de contraintes et de difficultés que tous les chercheurs.

Les plus notoires restent la grande discrétion des moyens de financement pour les activités de recherche. «Les femmes se font de plus en plus confiance et sortent des rôles traditionnels dans lesquels on les confine. Elles essaient et doivent être encouragées car les contraintes sont nombreuses. Qu’on accepte de faire confiance aux femmes et qu’elles osent sans complexes », déclare-t-elle à propos du leadership féminin. Et d’ajouter qu’il reste de gros progrès à faire même si des femmes sont reconnues pour leur mérite et que des responsabilités leur sont confiées.

Au demeurant, elle rêve de voir utiliser les centres de recherches, les laboratoires et l’Université comme des centres d’expertise. Mais plus encore, qu’avant toute prise de décision ou tout aménagement de grande envergure, l’on sollicite l’expertise des universitaires afin que les décideurs puissent s’appuyer sur des données scientifiquement éprouvées pour engager les transformations de la société. L’absence de financement de leurs travaux et la mauvaise visibilité de leurs résultats, justifie-telle, ne leur donnent pas d’apporter efficacement leur pierre à la construction de la société.

Par Franck KOUASSI

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