Elle est ivoirienne et vit à Los Angeles, capitale mondiale du cinéma. C’est de là-bas que la réalisatrice Aimée-Marie Koffi veut conquérir la planète du film. Rencontre avec la première ivoirienne qui ose défier Hollywood.

Propos recueillis par : M.Djinko

BLAMO’O : Quelle est cette Ivoirienne qui ose ‘’défier’’ Hollywood ?

AIMEE MARIE KOFFI: Je suis  Aimée Marie Koffi Ivoiro-Américaine, productrice réalisatrice de films et actrice. Je suis également la présidente fondatrice de Green Book, une organisation non gouvernementale qui vient en aide aux enfants défavorisés en leur permettant d’accéder à l’éducation.

Une idée de votre pédigrée ?

Après un cursus scolaire normal, classes primaires et secondaires, j’ai obtenu un BTS Tourisme. J’ai travaillé pendant  deux ans dans une agence de voyage ; puis j’ai repris le chemin de l’école pour l’obtention d’un autre BTS, cette fois en Art et Décoration. Ce qui m’a permis d’ouvrir ma propre boîte MAILIANE PRESTIGE. En 2000 ma première Fondation voit le jour, LES MAINS DU BON SECOURS. En 2006, je suis contrainte de suivre mon époux aux Etats-Unis et la Fondation délocalise donc à Beverly Hill en Californie et change de Nom pour devenir Green Book. Pour la petite histoire, sachez que toute petite, j’avais rêvé de la Californie au travers des séries

télévisées comme « Alerte à Malibu». Et je racontais à qui voulait l’entendre que j’allais un jour vivre dans cette partie du monde et y tourner des films. Bien entendu, tous ceux qui m’entendait me riaient au nez et me prenaient pour une grande rêveuse. Par la grâce de Dieu, le rêve est devenu réalité.

Qu’est-ce qui vous a amenée à choisir le cinéma pour métier ?

Le cinéma, comme je disais, j’en ai toujours rêvé ! J’ai toujours voulu devenir actrice. Mais, j’ai dû attendre le moment ; c’est-à-dire voir les enfants grandir et les savoir indépendants avant de m’y lancer. L’occasion était toute trouvée avec la Fondation pour véhiculer son message, se servir de courts-métrages comme support. Nous avons commencé par dénoncer le mariage précoce contre lequel nous luttons entre-autres. Nous avons, à notre actif, Green Hope, un court-métrage que j’ai réalisé et produit et dans lequel je tiens un rôle majeur. Je suis en train de réaliser mon rêve. Il faut noter que je suis diplômée de Los Angeles Film School. J’ai voulu mettre tous les atouts de mon côté pour atteindre mon objectif.

Il faut avoir du cran pour opter pour ce métier. Quand on est femme surtout…

Aujourd’hui, je pense qu’une femme peut faire du cinéma tout autant qu’un homme. Il faut s’en donner les moyens et le vouloir suffisamment.

On a envie de vous demander qui est derrière vous ? En clair, d’où tirez-vous les moyens de votre politique ?

A côté du cinéma, j’ai d’autres activités lucratives et le support de mon époux.

Le cinéma par passion ou par vocation ?

C’est par passion que je suis venue au cinéma. Je crois que j’étais prédisposée. Depuis toute petite, je passais mon temps à me faire des films dans la tête.Et puis, ne dit-on pas que la vie est un film, chaque jour est un épisode !

On imagine les difficultés pour mener à bien vos projets ?

Par la grâce de Dieu, je ne m’en sors pas trop mal. Nous avons mis sur pied un groupe de danse multiculturel qui accompagne la fondation. Ce groupe est composé de bénévoles qui nous

aident à collecter des fonds en faisant des prestations dans les écoles, dans les parks, etc.

Pour ce premier court métrage, j’ai travaillé avec quelques acteurs connus et d’autres pétris de talents mais qui n’avaient jamais fait de cinéma. Jai choisi de leur donner leurs chances et tout a bien marché.

Une idée du budget injecté dans la production de votre film ?

Le film ayant été réalisé en deux temps et avec la coopération d’une autre maison de production, il m’est impossible de vous donner un montant exact.Nous dirons que c’est le budget que l’on injecterait dans un court-métrage.

Le cinéma ivoirien ne tient qu’à quelques productions épisodiques, très loin de ce qui se fait au Nigeria. Que faut-il aux Ivoiriens selon-vous pour rattraper ce gap?

Il faut dire que l’industrie cinématographique nigériane est bien huilée. Nous, Ivoiriens, avons besoin de mettre les moyens qu’il faut pour soutenir notre politique. Les réalisateurs de films devraient aussi avoir une ouverture d’esprit pour une meilleure productivité. Par exemple, pouvoir travailler avec les acteurs et réalisateurs d’autres pays africains. Avec un peu d’humilité, on peut faire des coréalisations et des coproductions.

Pendant que vous  êtes à Los Angeles, capitale mondiale du cinéma, peut-on s’attendre à de superproductions, à l’image de ce qui se passe à Hollywood ?

Pourquoi pas ! Je suis membre des Chambres de Commerce d’Hollywood et de Berverly Hills, je côtoie quelques célébrités, une «superproduction» pourrait voir le jour. Attendons pour voir !

Une chose est de produire, une autre chose est de valoriser le résultat du travail. Pensez-vous au Fespaco ou tout autre baromètre du cinéma africain ?

En effet, une politique est déjà menée et notre court-métrage devrait être sur la liste des films à certains festivals.

Levez un coin de voile sur vos futurs projets ?

Un long-métrage est en cours. La première partie sera tournée à Los Angeles et la seconde en Afrique. Nous prévoyons également, l’ouverture de la maison verte en Afrique, un centre pour recevoir les enfants démunis afin de les initier aux nouvelles technologies, pour un meilleur devenir. Ce centre sera équipé et dirigé par des éducateurs formés à cet effet.

Je voudrais, pour finir, dire un grand merci au magazine BLAMOO, qui a pensé à cette nouvelle génération de femmes africaines décideurs, en leur offrant cette plate-forme de partage. Je souhaite longue vie à ce magazine.

1 Commentaires

  • Posted 13 août 2018 17 h 59 min
    by Marie Josée

    Félicitation Aimée Marie Koffi pour ton parcourt. Personnellement je suis fière et heureuse de savoir que le cinéma ivoirienne à de l’espoir à travers elle. Son témoignage me faire reprendre confiance en mon rêve de devenir une grande cinéaste.

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